Sida en Afrique : L'Onusida alerte sur le risque de retour de la pandémie suite au retrait de l'aide américaine

La directrice d'Onusida, Winnie Byanyima, lors d'une conférence de presse à Genève, le 24 mars 2025/ AFP   Lors d'une conférence de presse tenue le 24 mars, Winnie Byanyima, la directrice de l'Onusida, a exprimé de vives inquiétudes concernant un possible retour de la pandémie de sida si les États-Unis poursuivent leur retrait du soutien financier humanitaire. Elle a appelé l'administration Trump à rétablir l'aide financière à l'étranger, soulignant que sans cette reprise, on pourrait déplorer 6,3 millions de décès supplémentaires dus au sida au cours des quatre prochaines années. Byanyima a précisé que les coupes budgétaires américaines ont déjà des conséquences désastreuses dans 27 pays d'Afrique, où des pénuries de personnel et des perturbations dans les systèmes de diagnostic et de traitement sont observées. Elle a averti que la résurgence de la pandémie ne se limiterait pas aux pays à faibles revenus d'Afrique, mais toucherait également des populations vulnérables en Europe de l'Est et en Amérique latine. « Nous allons assister à une véritable recrudescence de cette maladie », a-t-elle insisté, appelant le président Donald Trump à « négocier un accord » sur la prévention du sida, qui pourrait s'avérer économiquement bénéfique. En février, Washington a gelé presque tous les programmes de l'USAID, l'agence américaine de développement, qui joue un rôle crucial dans l'aide humanitaire mondiale. Début février, l'Onusida, dont 50 % du financement provient des États-Unis, avait déjà tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences de ces coupes budgétaires. La suspension prolongée de l'aide étrangère a engendré confusion et perturbation au sein du réseau mondial de lutte contre le sida, malgré quelques exemptions accordées par l'administration Trump. Des Prévisions Alarmantes Sans un retour de l'aide américaine, l'Onusida prévoit que le nombre de décès dus au sida pourrait atteindre 6,3 millions au cours des quatre prochaines années, un chiffre « dix fois supérieur » à celui de 2023. Winnie Byanyima a averti que ces pertes pourraient compromettre les avancées réalisées au cours des 25 dernières années, une situation jugée « très grave ». Elle a également souligné que les États-Unis ont été un partenaire essentiel dans la lutte contre le sida, collaborant étroitement avec le programme Pepfar, lancé par l'ancien président George W. Bush. Cependant, le retrait soudain du financement a conduit à la fermeture de nombreuses cliniques et au licenciement de milliers de professionnels de la santé. Bien que Byanyima reconnaisse qu'il est raisonnable pour les États-Unis de réduire leur financement progressivement, elle insiste sur le fait que la rapidité de ce retrait a des conséquences dévastatrices, en particulier en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Vers une Autonomie Financière Winnie Byanyima espère que cette crise budgétaire pourrait catalyser une transition vers une autonomie financière pour l'Onusida. Bien que l'agence soit touchée par les décisions américaines, elle n'a pas encore procédé à des licenciements. « Nous continuons à explorer des scénarios pour l'avenir », a-t-elle déclaré, tout en reconnaissant que la situation actuelle n'est pas optimiste, aucun autre pays n'ayant encore annoncé son intention de combler le vide laissé par le retrait américain. Thom Biakpa

0 Commentaire(s)
Laisser un commentaire