Sénégal : Drepaf, le médicament fabriqué à Dakar qui redonne espoir aux patients drépanocytaires

Au Sénégal, une avancée majeure dans la prise en charge de la drépanocytose suscite un regain d’espoir chez les patients, leurs familles et les professionnels de santé. Pour la première fois en Afrique de l’Ouest, un médicament destiné au traitement de cette maladie génétique est désormais fabriqué localement à Dakar. Baptisé Drepaf, ce traitement marque une étape importante dans l’amélioration de l’accès aux soins et dans la quête d’une plus grande souveraineté pharmaceutique du pays. Drepaf est un générique de l’hydroxyurée, une molécule largement reconnue par la communauté médicale internationale pour son efficacité dans la prise en charge de la drépanocytose. Ce traitement permet notamment de stimuler la production d’hémoglobine fœtale, réduisant ainsi la fréquence des crises douloureuses, les complications sévères et la mortalité associée à la maladie. Son efficacité est documentée depuis plusieurs années, mais son accès restait jusque-là limité en Afrique en raison de coûts élevés et d’une forte dépendance aux importations.   Fabriqué par le laboratoire sénégalais Teranga Pharma, implanté à Mbao, en périphérie de Dakar, Drepaf répond à un besoin sanitaire majeur. Jusqu’à présent, les patients devaient souvent faire face à des ruptures d’approvisionnement ou à des prix difficilement supportables pour les familles. La production locale vise à garantir une meilleure disponibilité du médicament sur le marché national, tout en réduisant significativement son coût. Selon les acteurs du secteur, Drepaf est vendu à un prix nettement inférieur à celui des versions importées, ce qui le rend accessible à un plus grand nombre de malades. Autre avancée notable, le médicament est disponible en plusieurs dosages, dont un dosage pédiatrique, permettant une utilisation dès l’âge de neuf mois. Cet aspect est particulièrement crucial dans un contexte où la drépanocytose touche majoritairement les enfants et où, faute de traitement adapté, la maladie peut entraîner une mortalité précoce. La possibilité d’une prise en charge dès le plus jeune âge ouvre la voie à une amélioration significative de la qualité et de l’espérance de vie des patients. La drépanocytose demeure en effet un problème de santé publique majeur au Sénégal et plus largement en Afrique, où se concentre la majorité des cas dans le monde. Maladie héréditaire du sang, elle provoque des douleurs intenses, des infections répétées et des complications pouvant affecter plusieurs organes. Dans ce contexte, la fabrication locale de Drepaf s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’industrie pharmaceutique nationale et à favoriser un accès plus équitable aux médicaments essentiels. Les spécialistes rappellent toutefois que l’impact réel de ce traitement dépendra aussi de la mise en place de politiques de santé publique adaptées, incluant le dépistage précoce, le suivi médical régulier et la formation des professionnels de santé à l’utilisation optimale de l’hydroxyurée. Pour les patients et les associations engagées à leurs côtés, la disponibilité de Drepaf représente déjà un soulagement concret. Au-delà du médicament lui-même, cette initiative est perçue comme un signal fort : celui d’un continent capable de produire des solutions adaptées à ses propres défis sanitaires et de progresser vers une souveraineté sanitaire renforcée.

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