Mpox dans l’est de la RDC : quand la guerre entrave la riposte sanitaire
À l’est de la République démocratique du Congo, la riposte contre le Mpox se déploie dans un contexte particulièrement hostile. Alors que les autorités sanitaires, appuyées par leurs partenaires nationaux et internationaux, tentent d’endiguer la progression de cette maladie virale, l’insécurité chronique complique lourdement les efforts sur le terrain. Depuis plusieurs années, les provinces orientales du pays sont le théâtre d’affrontements récurrents entre groupes armés et forces régulières. Cette instabilité persistante transforme chaque intervention sanitaire en véritable défi logistique et sécuritaire. Dans ce climat, le Mpox — une maladie transmissible par contact étroit — continue de circuler, porté notamment par les déplacements massifs de populations fuyant les violences. Entassées dans des sites de fortune ou accueillies dans des communautés déjà précaires, ces populations vivent dans des conditions favorables à la propagation du virus. Sur le terrain, les conséquences sont visibles. De nombreux centres de santé fonctionnent à capacité réduite, quand ils ne sont pas totalement à l’arrêt. Le manque de personnel soignant, l’insécurité sur les axes routiers et les ruptures fréquentes des chaînes d’approvisionnement en médicaments entravent la prise en charge des patients. Dans certaines zones, les équipes de santé communautaire ne parviennent plus à mener des actions de sensibilisation ou à assurer le suivi des cas suspects, faute d’accès sécurisé. Or, la lutte contre le Mpox repose avant tout sur la détection rapide des cas, leur isolement et une information claire des populations. Autant de piliers difficiles à maintenir dans des zones où les agents de santé sont parfois contraints de suspendre leurs activités pour préserver leur sécurité. Cette fragilité du système de surveillance épidémiologique laisse ainsi des foyers de transmission évoluer silencieusement, retardant les alertes et les réponses adaptées. Pour les habitants de l’est du pays, la menace est donc multiple. À l’insécurité quotidienne s’ajoute la crainte de la maladie, dans un contexte marqué par la pauvreté, le manque d’accès à une information fiable et une certaine méfiance envers les autorités. Les femmes et les enfants, particulièrement exposés lors des déplacements forcés, figurent parmi les groupes les plus vulnérables face à cette crise sanitaire. Face à cette situation, les acteurs de la santé publique appellent à une approche globale, articulant réponse sanitaire, assistance humanitaire et amélioration des conditions de sécurité. Sans stabilisation durable des zones affectées, préviennent-ils, les efforts pour contenir le Mpox resteront insuffisants. Une fois encore, la crise rappelle une réalité bien connue dans les régions en conflit : tant que la violence perdure, les maladies trouvent un terrain fertile pour se propager.
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