Entre tradition et modernité, la médecine africaine en question
Entre héritage culturel et santé publique, la médecine traditionnelle continue d’occuper une place prépondérante dans le quotidien des populations en Afrique. Elle joue un rôle non négligeable dans la prise en charge médicale des populations. La médecine traditionnelle africaine est une science qui repose principalement sur l’herboristerie et inclut parfois la spiritualité. Ses remèdes sont faits à base de plantes, de minerais ou de peaux d'animaux dans le but de guérir aussi bien le corps que l'esprit. Cette forme de médecine existe depuis des siècles et occupe une place importante dans les sociétés africaines. À ce propos, le Docteur Kroa Ehoulé, Directeur Coordinateur du Programme National de Promotion de la Médecine Traditionnelle en Côte d’Ivoire déclare : « Ce n’est pas une pratique, c’est une part de notre identité, un héritage culturel précieux.» Ce savoir médical traditionnel est transmis oralement de génération en génération et se présente comme une précieuse richesse immatérielle. Les tradipraticiens sont souvent reconnus pour diagnostiquer et traiter certaines maladies là où la médecine moderne montre ses limites. Très prisée en raison de son accessibilité dans les zones rurales où les structures sanitaires sont parfois rares, sous équipées et coûteuses, cette cure devient très souvent le premier recours des populations. Toutefois, malgré son apparente efficacité, la médecine traditionnelle soulève des préoccupations, notamment son manque de validation scientifique. Les remèdes utilisés ne font pour la plupart l’objet d'aucune étude permettant d'évaluer leurs propriétés curatives. A cela s’ajoute le dosage approximatif pouvant entraîner des effets indésirables et le non-respect des normes d’hygiène qui peuvent conduire à des intoxications. De plus, les effets secondaires restent méconnus contrairement à la médecine moderne. Cela accentue les dangers liés au recours aux soins traditionnels. Par ailleurs, les faux praticiens, ces personnes qui s’autoproclament guérisseurs ou guérisseuses représentent également un danger pour les populations et nuisent à la crédibilité de la pratique. Face à ces limites, plusieurs solutions se présentent telles qu’une reconnaissance accompagnée d’une intégration progressive au système de santé existant Un accompagnement scientifique des praticiens ainsi qu’une sensibilisation sur l’importance du diagnostic médical sont également à envisager. Ainsi, loin d’être à bannir, la médecine traditionnelle à condition d'être mieux structurée et réglementée, pourrait devenir une solution complémentaire à la médecine moderne en Afrique.
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